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Shrinkflation, shrinkflation... Et si on parlait de la baisse de qualité (vraiment) masquée ?

  • Photo du rédacteur: La Rédaction LFC
    La Rédaction LFC
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Vous pensiez avoir tout vu avec la shrinkflation, cette arnaque légale qui consiste à rétrécir la taille de votre paquet de chips ou de votre pot de glace en douce tout en maintenant le prix ? C’était sans compter sur le génie cynique de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, les géants des rayons ont trouvé une parade encore plus discrète, plus rentable, et franchement plus insultante pour notre intelligence : la cheapflation.

La contraction de cheap (bas de gamme) et d'inflation. Le principe est d'une simplicité redoutable : on ne touche pas au poids de la boîte, mais on remplace les vrais ingrédients par de la sous-marque, du low-cost ou de la chimie. Le tout, évidemment, en faisant grimper le prix au kilo.

Pendant que les médias traditionnels pleurent sur la taille des paquets de biscuits, nous, on a plongé le nez dans les étiquettes. Voici trois cas concrets, sourcés et vérifiés par l'association Foodwatch, qui prouvent comment on vous fait avaler du vent au prix du caviar.


1. Le surimi Fleury Michon : Moins de poisson, plus de marge

Le surimi n'a jamais été un produit de haute gastronomie, mais on était en droit d'espérer y trouver de la chair de poisson. Raté. Le géant de l'agroalimentaire Fleury Michon a discrètement revu sa recette à la baisse : la quantité de chair de poisson est passée de 43 % à 38 % (soit une baisse nette de 11 % de l'ingrédient principal).

  • La double peine : En parallèle, selon les relevés de prix, le coût de ces bâtonnets a bondi de 40 %. Moins de poisson, plus de blé pour l'industriel.

2. La mayonnaise Maille (Unilever) : Les œufs au régime

La mayonnaise, c'est une émulsion simple : de l'huile, de la moutarde et des jaunes d'œufs. Sauf chez Maille. En l'espace de quelques mois, la marque possédée par la multinationale Unilever a réduit la quantité de jaune d'œuf de 24,7 %. Pour combler le vide et garder la texture, on compense avec des liants et de l'eau.

  • La double peine : Moins d'œuf dans le pot, mais une augmentation de prix de 12,1 % sur la même période pour le consommateur.

3. Les cookies Milka (Mondelez) : L'huile de palme contre-attaque

Pour faire des économies de bout de chandelle, le géant Mondelez a modifié la recette de ses cookies aux éclats de chocolat Milka. L’huile de tournesol, devenue plus chère lors des récentes crises géopolitiques, a été purement et simplement remplacée par de l’huile de palme, bien moins coûteuse et aux effets environnementaux et sanitaires désastreux. Le hic ? Lorsque les cours du tournesol sont revenus à la normale, la recette low-cost est restée.

  • La double peine : Le prix au kilo, lui, s’est offert une hausse vertigineuse de 42 %.

La parade des industriels : L'art du storytelling de crise

Évidemment, quand on les coince, les services de communication des multinationales ont la réponse toute prête, apprise par cœur en école de commerce. C’est la faute à la guerre, à l’inflation des matières premières, à la météo ou à la grippe aviaire. Bref, ils « adaptent leurs recettes pour garantir la disponibilité du produit en rayon ».

C'est un mensonge par omission. Si la modification technique peut temporairement s'expliquer par des tensions d'approvisionnement, rien, absolument rien, ne justifie que le prix final explose de 40 % alors que la qualité s'effondre. C'est ce qu'on appelle en économie de l'habillage de marge : on profite d'une crise globale pour gonfler ses bénéfices sur le dos des ménages.

La grande distribution ferme les yeux (et encaisse)

Il ne faut pas s'y tromper : les supermarchés sont parfaitement au courant. Les Leclerc, Carrefour et Intermarché de ce monde négocient chaque centime lors des bilans annuels avec les industriels. S'ils acceptent ces baisses de qualité, c'est parce que leurs marges à eux restent proportionnelles au prix de vente. Les petits panneaux "Alerte Shrinkflation" que certains distributeurs ont collé dans leurs rayons ces derniers temps ? Une pure opération de communication pour se faire passer pour les défenseurs du pouvoir d'achat tout en continuant à se sucrer au passage.

L'État regarde ailleurs : Une arnaque 100 % légale

Pourquoi personne ne lève le petit doigt ? Parce que la cheapflation avance totalement masquée et respecte la loi. Contrairement aux règles sur le poids des produits, la réglementation européenne autorise les marques à changer leurs recettes du moment que la liste microscopique des ingrédients au dos du paquet est à jour. Aucune obligation d'afficher "Recette modifiée" ou "Moins de poisson" sur le devant du paquet. C'est le triomphe du vide juridique.

L'œil du Flash : Comment saboter leur système ?

Puisque les institutions et les industriels méprisent l'intelligence des consommateurs, la seule arme qui nous reste est le boycott ciblé et la lecture radicale.

Ne regardez plus jamais le design coloré d'un paquet, les mentions "Recette authentique" ou les labels auto-attribués. Retournez la boîte et lisez le tableau des ingrédients. Les composants sont classés par ordre de quantité : si l'eau, le sucre, ou l'huile de palme arrivent en tête sur un produit censé être à base de viande, de poisson ou de produits laitiers, reposez la boîte immédiatement.

Chez Le Flash Comtois, on préfère vous dire de manger moins, mais de manger vrai. Laissez le plastique et la chimie à ceux qui les fabriquent.

La mal bouffe industriel en photo
Trop bon , non c'est de l'humour :)

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