Le moustique-tigre a gagné. Reste à limiter les dégâts.
- La Rédaction LFC

- 27 mai
- 2 min de lecture
Il mesure moins d'un centimètre, il pique en plein jour, et il a colonisé votre rue sans vous demander votre avis. Le moustique-tigre n'arrive pas en Franche-Comté : il y est déjà installé, partout, dans les huit départements de la région. Et les chiffres donnent le vertige.
Reculons de quatre ans. En 2021, l'insecte était signalé dans 27 communes de Bourgogne-Franche-Comté. En 2025, on a franchi la barre des 200. Multipliez par plus de sept. À ce rythme, la question n'est plus de savoir s'il viendra chez vous, mais ce qu'on fera quand il y sera. Le Doubs, lui, l'héberge depuis 2020.
Soyons clairs sur un point, parce qu'il fait paniquer pour rien : ce moustique n'est pas un poison ambulant. Tant qu'il n'a pas piqué quelqu'un de déjà malade, il ne transmet rien du tout. Le danger n'apparaît que dans un scénario précis — et c'est là que ça devient sérieux.
Le mécanisme tient en une phrase. Un malade, un moustique au même endroit, et l'épidémie peut démarrer : l'insecte se contamine en piquant la personne infectée, puis transmet le virus à tous ceux qu'il piquera ensuite. Dengue, chikungunya, zika : voilà ce qu'il peut véhiculer une fois amorcé.
Et ce n'est pas de la théorie pour manuel scolaire. À Dijon, en 2025, des gens ont attrapé le chikungunya sans avoir quitté la France. Des cas « autochtones », dans le jargon — comprenez : contractés au coin de la rue. La Bourgogne-Franche-Comté fait partie des trois régions qui ont connu ça pour la première fois cette année-là, sur un total de 809 cas de chikungunya recensés dans l'Hexagone. Le tigre a mordu, pour de bon.
Face à ça, les autorités ne sont pas les bras ballants. Un réseau de pièges-pondoirs surveille les villes les plus peuplées pour suivre l'avancée de l'insecte, et chaque cas de maladie déclaré déclenche une enquête de terrain, parfois suivie d'un traitement insecticide ciblé. La saison de surveillance court du 1er mai au 30 novembre — autrement dit, elle vient de commencer.
Mais voilà la vérité que personne n'aime entendre : le maillon faible, c'est nous. Ce moustique ne vole pas sur des kilomètres. Il naît et meurt à quelques mètres de l'endroit où il a pondu — dans une soucoupe de pot de fleurs, une gouttière bouchée, un seau oublié, un fond de pneu. Des gîtes que personne ne traque mieux que celui qui habite là. Vider l'eau stagnante chez soi, c'est moins spectaculaire qu'une campagne de démoustication, mais c'est probablement plus efficace.
L'été s'annonce chaud. Le tigre, lui, est prêt. La seule inconnue, c'est nous.





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