CHU Jean-Minjoz à Besançon : Quand la maladie devient un business de stationnement
- La Rédaction LFC

- il y a 22 heures
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S’il y a bien un lieu où la solidarité, l'accessibilité et la gratuité devraient être gravées dans le marbre de notre pacte républicain, c’est à l'entrée d'un hôpital public. Pourtant, à Besançon, le CHU Jean-Minjoz s'est progressivement transformé en un immense tiroir-caisse sur le dos des malades, de leurs familles et des professionnels de santé. Entre la traque infernale pour dénicher une place libérée, l'extension agressive des zones payantes tout autour du quartier des Hauts-du-Chazal, et les tarifs qui s'envolent dès que les consultations s'éternisent, le stationnement au CHU est devenu la taxe invisible la plus révoltante de la région.
Bienvenue dans l'ère de la médecine "ticket de parking", où même venir voir un proche en fin de vie, subir une séance de chimiothérapie ou passer une simple radio nécessite de surveiller sa montre à la minute près sous peine d'essuyer un coup de massue financier à la borne de sortie.
Le piège des "2h30 gratuites" : le grand cynisme horaire
La direction de l'établissement et les gestionnaires de la métropole se drapent invariablement derrière le même argument marketing : « Le parking visiteurs offre une franchise gratuite de 2h30, c'est largement suffisant pour la majorité des usagers. » Un mensonge de technocrates en costume qui n’ont manifestement jamais mis les pieds dans la réalité d'une salle d'attente d'un service public hospitalier à bout de souffle.
La réalité des couloirs : Qui peut décemment affirmer qu'une consultation spécialisée, un passage aux urgences ou un examen d'imagerie médicale à Minjoz prend moins de 150 minutes ? Entre les retards chroniques des services (débordés et sous-effectifs obligent), les files d'attente interminables aux secrétariats pour enregistrer sa carte Vitale et les examens complémentaires de dernière minute, le compteur explose systématiquement.
Le stress à la minute : Le système est d'un cynisme absolu. Vous êtes là, assis sur une chaise en plastique, l'esprit rongé par l'angoisse des résultats d'un scanner ou d'une biopsie, et une partie de votre cerveau est parasitée par une seule pensée logistique : « Pourvu que le médecin ne prenne pas plus de retard, sinon je vais douiller au parcmètre. » Rendre le stationnement payant à l'hôpital, c'est faire de la rentabilité sur le temps d'attente imposé aux usagers.
Les ruraux et le personnel : doubles peines
Si ce racket organisé pénalise lourdement les Bisontins, il représente une véritable triple peine pour les habitants du reste de la Franche-Comté. Les patients venant de Vesoul, Lons-le-Saunier, Pontarlier ou Gray n'ont pas de ligne de tramway au bout de leur rue ni de bus Ginko pour rallier le pôle de santé. Pour eux, la voiture individuelle est l'unique cordon ombilical pour accéder aux soins spécialisés régionaux. En étendant la tarification payante à toutes les rues adjacentes (Bichat, Laennec, Montessori) sous prétexte de chasser les "voitures ventouses", la métropole racket de fait la France périphérique et rurale.
Le constat n'est guère plus brillant pour le personnel hospitalier. Les infirmiers, aides-soignants et brancardiers, déjà épuisés par des cadences infernales et des salaires qui ne suivent plus l'inflation, doivent eux aussi parfois batailler pour se garer ou payer pour avoir le simple droit de venir travailler et soigner les autres.
Municipales de mars 2026 : Le grand oubli du nouveau maire
On aurait pu légitimement espérer que le séisme politique des élections municipales de mars 2026 ramène un peu de bon sens et de justice sociale aux barrières du CHU. Durant sa campagne victorieuse, le nouveau maire Ludovic Fagaut a beaucoup promis : fluidifier la circulation, redonner de l'attractivité à Besançon, rouvrir le pont de la République aux automobilistes ou encore réformer les règles de stationnement pour les artisans du centre-ville.
Mais concernant le parking des malades et des familles à Minjoz ? C'est le grand vide, l'angle mort absolu. Aucune proposition concrète durant les débats, aucun engagement ferme à bousculer le Conseil de surveillance du CHU ou les instances de la métropole pour exiger le retour à la gratuité. La droite a remplacé la gauche à la mairie de Besançon, mais sur le dos des usagers ruraux et des soignants, le tiroir-caisse de l'hôpital continue de tourner sans que la nouvelle équipe ne daigne lever la barrière. L'inaction a simplement changé de couleur politique.
L'œil du Flash : L'hôpital n'est pas un centre commercial
Historiquement, la privatisation et la gestion payante des parkings des Centres Hospitaliers Universitaires en France répondent à des logiques comptables de partenariats public-privé (PPP) ou à des besoins de financement externalisés. C'est une dérive managériale pure et simple. Un hôpital public n’est pas la zone commerciale de Chateaufarine. On n’y va pas pour flâner ou consommer par plaisir, on y vient par stricte nécessité vitale.
La santé publique et l'accès universel aux soins ne doivent pas s’arrêter aux barrières automatiques de sécurité d’un parking privé. Rendre le stationnement payant et stressant autour d'un pôle de santé majeur comme Minjoz est une honte sociale et humaine. Le Flash Comtois réclame le retour à la gratuité totale, inconditionnelle et illimitée pour tous les patients et leurs accompagnants. Se faire soigner est un droit fondamental, pas une option de stationnement payante. On compte sur vous Mr Le Maire Ludovic Fagaut





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