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L’arnaque des abonnements : quand vous ne possédez plus rien (même pas vos objets)

  • Photo du rédacteur: La Rédaction LFC
    La Rédaction LFC
  • il y a 24 heures
  • 3 min de lecture


Il y a quelques années, la règle du jeu économique était simple : vous donniez de l’argent à un commerçant, et en échange, vous repartiez avec un objet. Il était à vous. Vous pouviez le réparer, le prêter, le revendre ou le garder vingt ans. Ce temps-là est révolu. Bienvenue dans l’ère de la « servitude par abonnement », le nouveau coup de génie de la Tech et de l'industrie pour transformer chaque acheteur en locataire perpétuel.

Sous couvert de modernité, de "services cloud" et de mises à jour régulières, les géants de la technologie sont en train de privatiser nos objets du quotidien. Une dérive économique majeure qui commence à toucher des secteurs impensables.

1. Payer tous les mois pour activer ses sièges chauffants : Le modèle BMW

C'est le cas d'école qui a fait hurler les automobilistes. Le constructeur allemand BMW a tenté de mettre en place un système d'abonnement à 18 € par mois pour simplement activer... les sièges chauffants de la voiture.

  • Le scandale : Les câbles, les résistances et les boutons sont déjà physiquement présents dans le véhicule que vous avez acheté à prix d'or. Mais le constructeur bloque l'accès à distance par un logiciel tant que vous ne payez pas la rançon mensuelle. Face au boycott des conducteurs, la marque a dû reculer sur ce point précis, mais l'idée est là : votre voiture ne vous obéit plus.

2. HP et l'imprimante qui prend vos cartouches en otage

Le fabricant d’imprimantes HP s’est spécialisé dans une pratique redoutable avec son programme HP Instant Ink. Vous achetez une imprimante, et vous souscrivez à un forfait mensuel basé sur le nombre de pages imprimées.

  • Le scandale : Si vous décidez de résilier votre abonnement, l'imprimante bloque instantanément les cartouches, même si elles sont encore pleines d'encre. Vous avez payé l'objet, vous avez payé l'encre, mais HP décide à distance que vous n'avez plus le droit d'imprimer un document pour l'école des gamins tant que la carte bleue n'est pas débitée.

3. Les logiciels Adobe et la mort de la propriété numérique

Auparavant, un photographe ou un graphiste achetait son logiciel de travail (comme Photoshop) une bonne fois pour toutes. En 2013, Adobe a tout basculé en abonnement obligatoire (le Creative Cloud).

  • Le scandale : Le jour où vous arrêtez de payer l'abonnement (qui coûte des centaines d'euros par an), le logiciel s'éteint. Pire : vos propres fichiers de création, votre propre travail accumulé sur des années, devient inaccessible ou illisible. Vous êtes pieds et poings liés à une rente à vie.

Pourquoi l'industrie adore ça (et pourquoi c'est un piège)

Pour les entreprises cotées en bourse, l’acheteur unique est un problème. Un client qui achète une voiture ou une imprimante et qui ne revient que 7 ans plus tard, c’est ennuyeux. Ce que veulent les actionnaires, ce sont des "revenus récurrents prévisibles".

En transformant l'achat en abonnement, ils s'assurent un prélèvement automatique sur votre compte chaque mois, jusqu'à votre mort. C’est la dilution parfaite du pouvoir d’achat : 5 € par-ci pour une application, 15 € par-là pour un stockage de photos, 20 € pour un logiciel... Mis bout à bout, le consommateur moyen dépense aujourd'hui des centaines d'euros par mois sans même s'en rendre compte, pour des objets qu'il ne possédera jamais.

La parade du Flash : Comment résister ?

Face à cette offensive, la résistance s'organise, notamment via le mouvement mondial du Droit à la réparation (Right to Repair) et la culture du logiciel libre.

  • Boycottez le matériel "bridé" : Avant d'acheter un appareil connecté, une voiture ou un outil informatique, vérifiez s'il nécessite un abonnement pour fonctionner à 100 %. Si c'est le cas, fuyez chez la concurrence.

  • Privilégiez les alternatives libres : Remplacez les abonnements logiciels par des équivalents gratuits et open-source. Pas besoin de payer Adobe quand GIMP ou DaVinci Resolve font le travail gratuitement. Pas besoin de louer Microsoft Office quand LibreOffice est gratuit.

  • Exigez la propriété : Achetez de l'occasion, du matériel reconditionné "bête" (sans connexion internet obligatoire) qui fait exactement ce qu'on lui demande sans demander l'avis d'un serveur situé en Californie.

Ne laissons pas les algorithmes décider de ce qui nous appartient. Si un abonnement est nécessaire pour utiliser un objet, c'est que l'objet ne vous appartient pas. Vous êtes juste son locataire.

ne voiture moderne haut de gamme enfermée dans une cage en fer rouillée à l'intérieur d'un centre de données. Des panneaux affichent des prix en euros pour débloquer les sièges chauffants ou le freinage. Au sol, des souris d'ordinateur et des manettes de jeu sont piégées dans des pièges à loup. Sur la cage, une pancarte indique : Le Flash Comtois, l'info sans filtre tech. Illustration sur l'arnaque des abonnements obligatoires et la fin de la propriété numérique.
L'arnaque aux abonnements

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